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entrainement junomichi

 

 

Empruntant la forme du combat, et mettant en pratique la formule «Maximum d’efficacité, minimum d’énergie », le junomichi ouvre une voie douce.


 

Pour mener cette recherche dont les principaux matériaux sont le corps et les sensations, le junomichi adopte cinq principes (mobilité, non-opposition, esquive, contrôle, décision), énoncés par Igor Correa, et les met en œuvre à travers différents exercices (uchi komi, kata, randori et shiai), hérités du judo de Jigorô Kanô.

 

 

Le junomichi a été fondé en 1981 en France par Igor Correa. Il trouve aujourd’hui sa continuité à travers la Fédération internationale autonome de junomichi (FIAJ).

 

 

kokorozashi

Le kanji kokorozashi est l’emblème du junomichi.

 

Son interprétation énonce le but vers lequel tendent les pratiquants. Il porte ce qui ne se dit pas sur les tatamis, un message qui dépasse la pratique particulière du junomichi.

La formule par laquelle se traduit kokorozashi pointe deux notions : intelligence du cœur et intelligence de la volonté. Ces deux pôles donnent la mé- thode. Ils guident le junomichika sur la voie du kokorozashi. L’intelligence du cœur est ce qui permet au junomichi d’exclure toute recherche de la force, du pouvoir ou d’un quelconque élitisme. Elle conduit à adopter une attitude humble, tant dans le rapport à l’autre que dans la pratique. L’intelligence de la volonté est la colonne vertébrale, un soutien pour l’homme et sa pratique. Elle permet la persévérance, indispensable pour s’améliorer.

 

La première, 士, signifie «guerrier», « samouraï », « sage » ou encore « savant ».

La deuxième, 心, peut signifier tour à tour «cœur», «âme», «esprit», «pensée».

Ces deux clés, si elles orientent la compréhension du kanji, n’en donnent toutefois pas une traduction directe : kokorozashi n’est en aucun cas traduisible par «le cœur du guerrier», par exemple. L’assemblage des deux clés compose un kanji unique, insécable, qui se traduit couramment par «vœu», «intention», «aspiration», «ambition», « dessein », « but », « fin » mais aussi « bonté », « bienveillance », « amabilité ».

 

Lorsqu’en 1981, Igor Correa a créé le junomichi, il a cherché un emblème capable de fédérer aussi bien par sa signification que par sa force graphique. Parmi un large choix de kanji, il eut l’intuition que le kokorozashi était ce symbole. Six ans plus tard, son intuition s’est trouvée confirmée par la lecture d’un texte de Jigorô Kanô intitulé «L’être humain doit absolument avoir un kokorozashi».

 

Kanô y décrit quelques manifestations possibles du kokorozashi, bonnes et mauvaises – donnant l’exemple du mauvais usage du kokorozashi par un conquérant : «Cet homme est capable de bâtir un empire grâce à son kokorozashi, mais il le bâtira sur une montagne de morts.» Jigorô Kanô insiste sur l’absolue nécessité pour l’homme d’accorder le kokorozashi aux principes «Entraide et prospérité mutuelle» et «Maximum d’efficacité, minimum d’énergie».

La F.I.A.J. engage ses adhérents à :


1. Pratiquer assidûment, régulièrement le JUNOMICHI, sans interruption, à ne pas en abandonner la pratique, sauf en cas de force majeur, ou pour une raison justifiée dans la conscience du pratiquant.


2. Abandonner toute pratique dangereuse pour soi ou les partenaires, dans la forme et le fond des techniques.


3. Remplacer (dans le randori ou le combat) toute velléité d’agressivité, par désir sincère de réalisation d’efficacité pour soi-même, non par rapport au partenaire.


4. Faire connaître et promouvoir le JUNOMICHI, diffuser sa forme, sa finalité profonde, idée originelle de Maître JIGORO KANO.


5. Accepter la forme proposée par ses enseignants, avec un esprit de recherche personnelle partagée avec les autres pratiquants, dans un désir de progrès réciproque.


6. Pratiquer dans le plaisir et la joie avec la satisfaction de s’améliorer en considérant cette pratique comme un art, un jeu éducatif et un moyen de santé physique et morale.


7. Cette charte doit être un engagement d'honneur en son âme et conscience envers l’organisme, les individus et la pratique du JUNOMICHI.

Au cours de la pratique, le junomichika évolue dans son interprétation des principes et des techniques, des exercices et des exigences du junomichi. Les titres distinguent des étapes dans cette évolution. Ils manifestent la progression d’un junomichika aux yeux de l’ensemble des pratiquants. Ils sont attribués par des membres de la commission technique, réunis en jury à l’occasion d’un examen. Gakusei, deshi, hon deshi, renshi, hon renshi, kyôshi, hon kyôshi, hanshi, shihan, hontô no shihan sont les titres employés en junomichi.

 

Gakusei

Gakusei correspond au premier niveau de valeur. Il signifie «naître dans l’étude». Le gakusei est celui qui, tout juste dégrossi par l’apprentissage initial du junomichi, s’oriente vers une recherche autonome. Reposant désormais de moins en moins sur son professeur, il est appelé à prendre sur lui les exigences de la pratique. Pour lui commence enfin l’étude du junomichi.

 

Deshi

Le deshi est le frère cadet des pratiquants plus confirmés. Sa compréhension se précise, se fait plus globale : il entrevoit les différentes tâches qu’impliquent la pratique. Capable d’enseigner à de moins gradés que lui, il est appelé à remplacer occasionnellement son professeur, à se présenter à l’examen de professorat de junomichi.

 

Hon deshi

Le hon deshi est un pratiquant confirmé qui possède une connaissance étendue des différents exercices. Il peut assister renshi et shihan dans les cours ou les stages que ceux-ci animent. Dans ces situations, le hon deshi fait particulièrement montre de ses qualités de Uke : il possède un contrôle suffisant de son corps pour intégrer les directions de l’ensemble des techniques. Sa valeur devient visible.

 

Renshi

Renshi est le niveau de valeur où le souci des gestes et des repères techniques cède la place à une unité, à une certaine forme du corps. Cette assurance permet un travail plus précis sur les principes, à travers les différents exercices qu’offre le junomichi. Renshi est ce moment de l’évolution du pratiquant où s’affirme la capacité à transmettre par l’enseignement. Dans la langue japonaise, le renshi est littéralement un guerrier poli et affûté par l’exercice.

 

Hon renshi

Le hon renshi est un expert reconnu, engagé dans l’intensification de sa pratique de la non-opposition, de l’esquive, de la décision, du contrôle, de la mobilité. Un des instruments de cette recherche est le koshiki no kata. Le hon renshi est un roc sur lequel les pratiquants plus confirmés que lui s’appuient pour avancer dans leur recherche, qui est celle du junomichi lui-même.

 

Kyôshi

Un junomichika est reconnu comme kyôshi dès lors qu’il est parvenu à s’affranchir des apparences techniques du travail. Il s’attache dès lors à trouver une forme personnelle pour ses actions et son enseignement. Kyôshi est une étape décisive dans le parcours d’un junomichika. Cette étape est marquée par le port occasionnel, au cours des cérémonies, d’une ceinture rayée rouge et blanche.

 

Hon kyôshi

Allant un peu plus loin encore dans l’affirmation des principes du junomichi, hon kyôshi est invité à animer des stages ou des cours exceptionnels dans d’autres dojos que le sien, pour y montrer l’originalité de sa forme, la valeur singulière de son junomichi.

 

Hanshi

Ayant resserré et épuré sa pratique, ayant intégré dans son corps les principes, hanshi possède la capacité d’enseigner aux professeurs. On lui confie l’animation des stages importants, et souvent la direction technique de la pratique. Il est désormais aux yeux de tous un modèle, une inspiration pour tous les pratiquants.

 

Shihan

Shihan entre dans une forme d’intériorité à la pratique, qui se caractérise par la spontanéité et l’intuition. Il porte le junomichi au présent, il en ouvre les pistes, il dispose la pratique pour lui-même et les autres.

 

Hontô no shihan

Hontô no shihan parle, pense, agit et crée en permanence de l’intérieur du junomichi, sans distance ni délai. À travers lui, la pratique, indifférente aux contingences, se déploie selon ses exigences propres. Le junomichi a connu le hontô no shihan Igor Correa : une personnalité, une personne à travers laquelle existait, s’exprimait pleinement le junomichi. En tant que hontô no shihan, Igor Correa a consacré les dernières années de sa vie à élaborer et établir l’ensemble des éléments du junomichi.

 

"Si on s'oblige à conserver dans la pratique tous les principes du judo, on va améliorer son attitude et par là-même son efficacité" Igor Corréa, L'origine du judo.

 

 

 

Un des apports fondamentaux d'Igor Corréa dans le junomichi sont les cinq principes qu'il a inventés - la non-opposition, la mobilité, le contrôle, l'esquive et la décision. Avec ces mots il a exprimé des éléments de sensations qui sont le mouvement juste ; une compréhension possible par le corps de ce qu'est un mouvement efficace.

 

Ces principes sont des notions dont le pratiquant développera l'intuition et la sensation au cours de son travail et grâce auxquelles il trouvera sa propre efficacité.

 

 

Pour évoquer en quelques mots chacun de ces principes, lisons ceux de M. Correa.

 

 

La non-opposition

"Sur une belle projection, on acquiert une sensation. Mais on l'acquiert à condition de l'accepter. Si on refuse, on n'a aucune sensation, on n'a qu'un mauvais goût dans la bouche. On est tombé, mais du fait qu'on a resisté ca n'a rien apporté. 

[...] quand je dis que la chute, dans une projection, apporte quelque chose : la connaissance de la projection par le corps."

 

 

 

La mobilité

"[être mobile] C'est une manière différente d'être qui n'est pas visible à l'oeil. Là je suis immobile par exemple. Tandis que là, maintenant, je suis mobile, même si je ne bouge pas. Je peux faire n'importe quoi, je suis vigilant, décisif, vivant." 

 

 

 

Le contrôle

"Toutes les actions, tous les gestes ne sont plus possible quand on a le contrôle, ils sont limités à ceux qui permettent de rester avec l'autre."

 

 

 

L'esquive

"Tu as déjà vu des corridas, sans doute, tu as vu les toréadors : l'esquive qu'ils font est extraordinaire. Lorsque le taureau passe, ils restent de face. Ils ne tournent pas pour le laisser passer. La première chose qu'ils font, c'est une esquive."

 

 

 

La décision

"Maintenant, tout de suite"